Classement Subjectif : 12e position


Une Enfance - Philippe Claudel 




Ce film (presque documentaire, mais appelons-le ainsi puisqu'il est en réalité une autobiographie romancée) est empreint d'une réalité presque invraisemblable. Il est terriblement dur, et l'immersion dans la vie d'une "famille" en difficulté est admirablement réussie. Il soulève certains problèmes de la société actuelle, et en particulier ceux des classes les plus basses de la société. 
Chacun des acteurs de ce film joue admirablement bien. Pierre Deladonchamps est transfiguré, incarnant le personnage de Duke, un petit criminel violent et pseudo en dehors du système, livrant une interprétation incroyable. Les deux acteurs des enfants jouent toujours juste, ne sont à aucun moment dans l'exagération ou la retenue ; c'est d'autant plus remarquable qu'ils sont issus d'un milieu aisé où ils ne sont à aucun moment confronté à cette réalité. 
Les rôles de la grand mère et de l'instituteur sont très bien joués, apportant la touche douceur nécessaire pour ne pas devenir Karl Marx en ressortant de la salle. 


L'utilisation d'à peu près l'entièreté de la discographie de Ray LaMontagne dans le film m'a passablement énervé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un blues mystique et aérien comme celui-ci est l'exact contraire des images sur lesquelles il se superpose. Des images dures, d'une ville industrielle, de la chaleur du soleil, d'une nature luxuriante, toutes oppressantes. Contrairement à ce qu'a affirmé Claudel (lors de l'avant première où il nous a honorés de sa présence), cette musique ne suscite pas un sentiment d'évasion, mais nous fait bel et bien sortir de l'histoire, nous ramenant à la réalité plus douce que nous vivons. 
Finalement, peut être aussi à cause d'Angelica Sarre (la mère) qui dans les scènes les plus chargées émotionellement du film m'a parfois semblé tombé dans la caricature… ce n'est que mon avis.  

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